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Par Carlos García-Osuna

LA TOILE OBJET JOURNAL LA VANGUARDIA, BARCELONA, 2012

Carlos García-Osuna

Paisajes sin límites est le titre de l?exposition d?Alberto Reguera (Ségovie, 1961), composée d?une vingtaine de toiles réalisées entre 2010 et 2012 dans ses ateliers de Paris et de Madrid, à voir à la galerie Fernández-Braso jusqu?en novembre.
L?exposition obéit à une argumentation en plusieurs volets. Le premier réunit des paysages abstraits comprenant des fragments de nature qu?il développe en format tridimensionnel. Le second est une exploration de l?espace avec des installations picturales, peintes de tous les côtés, tandis que le troisième est un agencement de plusieurs pièces constituant une petite famille picturale.
Chaque peinture-objet se traduit par une tache de couleur sur un tableau large et de grande envergure où la peinture expansive de ses travaux leur confère une projection physique dépassant les limites du support, la tache de couleur se propageant sur une autre toile vierge tel un incendie, dans un mouvement tridimensionnel d?où surgit l?expression chromatique.
Ceux qui connaissent Reguera n?ignorent pas la vénération qu?il porte à Claudio Lorena, Monet et Turner, bien que les traces que l?on distingue dans ses tableaux relèvent davantage des paysages impressionnistes et espaces romantiques de Caspar David Friederich, d?autant que sa contemporanéité l?associe à l?expressionisme lyrique de la seconde moitié du XXe siècle.
En plus de la beauté – un concept revendicatif peu populaire chez les contemporains de ce créateur ségovien diplômé en histoire moderne – Reguera aspire aussi à la fusion entre la matière et l?espace, à une poétique issue de formes intangibles utilisant le dripping si cher à Jackson Pollock et aux expressionnistes abstraits nord-américains, qui ont su dynamiser un alphabet apparemment si limité.
Pour pénétrer les arcanes de ces tableaux (également redevables à la Renaissance, mais dans le sens inverse), il ne suffit pas de laisser son regard être conquis par les innombrables sensations qu?ils provoquent. Il faut glisser ses mains dans les recoins interdits et laisser ainsi les gouttes de couleur, situées au bas de certaines compositions, caresser notre peau, car cette peinture tend à mobiliser tous les sens pour éveiller ce que ces irréductibles émotions ont de meilleur.
Reguera jouit depuis toujours d?une présence internationale notoire. A Paris (où se trouve l?un de ses ateliers) il fête, en 1985, sa première exposition collective et dix ans plus tard, dans cette même ville, il reçoit le prix des Jeunes peintres de l?Académie des Beaux-Arts. Son travail a également été exposé à Amsterdam, Bruxelles et New-York et, fort de trois expositions à Hong- Kong ces cinq dernières années, Reguera a gagné une notoriété sur les marchés asiatiques.

Carlos García-Osuna, 2012
traduction :Laurence Corrèrard



> Télécharger l’article original d’Alberto Reguera dans LA VANGUARDIA, Barcelona, 2012