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Par Evangelo Costadimas

Expansion, Volume, Spatialité et Couleur

Parangon topologique des installations de Reguera

Ce qui est formidable chez Alberto Reguera, outre sa personnalité incroyablement chaleureuse et charismatique, c’est qu’il fait partie de ces artistes qui échappent à toute classification. Son travail ne s’insère dans aucune catégorie, beau et visuellement puissant mais un casse-tête pour les historiens d’art et les critiques qui cherchent à lui coller une étiquette. Alberto échappe aux stéréotypes et aux définitions, et ce avec un irrésistible panache. Il est tout aussi peintre que sculpteur et artiste d’installation et tout à la fois.

Alberto n’appartient qu’à lui-même et toute tentative de le codifier s’avérerait inutile. Néanmoins, si je me risque à une quelconque analogie pour décrire le travail d’Alberto Reguera, je dirais qu’il y a dans ce qu’il fait une troublante ressemblance avec la définition de la topologie.

La topologie est une branche des mathématiques qui étudie le rapport entre l’espace et les objets. Concrètement, la topologie s’intéresse à ce rapport et à ce qui permet de le maintenir, en dépit de la déformation progressive des objets, comme l’étirement ou l’expansion.

Imaginez un espace blanc et carré comme la pièce d’une galerie d’art ou d’un musée moderne où des peintures abstraites sont accrochées sur les murs. Maintenant, imaginez que soudain, mus par une force inconnue, ces toiles plates et presque bidimensionnelles commencent à se dilater jusqu’à prendre la forme d’objets tridimensionnels. Les couleurs de la toile débordent sur les côtés et éclaboussent la blancheur des murs tandis que d’autres se répandent sur le sol. Leur dilatation est telle que les toiles commencent à ressembler davantage à des cubes. Maintenant vous commencez à comprendre, mais ce n’est que le début.

Alberto obtient un impact visuel par l’utilisation de couleurs riches et luxuriantes. Son expression, en tant que peintre abstrait, ne se limite pas à sa palette de couleurs, ni à sa technique d’application de la matière. Il étale la peinture en épaisses couches qui donnent à ces tableaux une texture organique où surgissent des formes anaglyptiques, comme taillées dans un bas relief fluide. Ces toiles sont presque toujours de forme carrée ; elles donnent l’impression d’être des cubes qui jaillissent des murs où ils sont accrochés.

Ces toiles en expansion deviennent des objets dont Alberto obtient des effets sensationnels, des blocs avec lesquels il construit son installation. Chacun d’entre eux devient une abstraction de paysage à la clameur particulière, mais une fois assemblés, il s’en dégage une image différente qui se rapproche des

pixels de couleur formant les images numériques. La relation spatiale entre les objets et la distance critique d’observation font l’objet d’un soin particulier. La disposition de l’installation est intentionnelle pour encourager le visiteur à entamer un dialogue avec l’œuvre. Chaque installation est unique au site et donc, par nature éphémère, bien que les éléments qui la composent soient des objets pérennes.

Alberto reconnaît qu’il prend des risques en faisant des expériences dans son art pratique mais, ses prises de risques en valent la peine. Il est arrivé à un style et un motif qui sont uniques et son travail est reconnu à l’échelle internationale. Grâce à son travail, il nous rappelle que l’art de la peinture conserve toujours sa pertinence dans l’art contemporain et l’utilisation conceptuelle qu’il en fait a repoussé les frontières de la peinture.

En somme, le travail d’Alberto va de paire avec le volume. L’ajout de cette troisième dimension à ses toiles, l’inclusion d’une profondeur physique, débouchent sur une nette augmentation du volume réel. Et bien que chaque objet soit, à lui seul, merveilleux, c’est quand il s’insère dans une installation qu’il prend toute son ampleur. La voix de chaque pièce se multiplie à l’unisson, tels les accords des nombreux violons d’un orchestre symphonique. Et en même temps, d’un point de vue conceptuel, ces installations ressemblent à des structures mathématiques dans l’étude de la topologie, elles recherchent les concepts formels tels que la convergence, le lien et la continuité.

Evangelo Costadimas avril 2010



Tetxte pur le catalogue de l’ exposition individuelle « Alberto Reguera:Beyond Form II ».City Hall, Hong Kong, 2010.

Evangelo Costadimas set urn curator indépendant.Il a reçu el master of Fine Arts degree from the Royal Melbourne Institute of technology.Il a travail comme resident curator pour Osage Gallery(2008-2009) et fut assistant curator dans la participation de Hong Kong dans de la Biennale de Venisse, en 2007.

traduction de l’ Anglais au Francais: Laurence Corréard



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